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N°110 - Novembre 2008
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Par La rédaction

 
 

Corsica & Vous

 
 

L'actu de la Corse en quelques brèves...

 
 

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Théâtre : Sous les pavés... Casta.


Dans « Nés en 68 », d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (jusqu'au 31 décembre au Théâtre de la Madeleine, à Paris), Laetitia Casta interprète Catherine : une soixante-huitarde. Si ce rôle lui a permis de « comprendre des choses sur cette période que je n'ai pas connue », c'est pour nous l'occasion de découvrir une Laetitia Casta plus intime, plus secrète, au travers des confidences qu'elle peut faire à la presse spécialisée. Ainsi, ces propos sur son enfance, recueillis par Sylvie Thomas pour TV Hebdo, qui nous ramènent en Corse : « Dans ma famille, on ne pouvait pas tout dire à table. Chez moi, il y avait un petit buste de Napoléon, des tasses Joséphine et Napoléon, un chien appelé Napo... La conscience politique m'est venue très tard parce qu'on n'en avait jamais parlé. J'ai alors réalisé que j'avais une vision opposée à celle de mes parents, ce qui ne m'empêche pas de les adorer ! Ce retour sur 68 m'a permis de confirmer mon point de vue personnel. Aujourd'hui, la politique, c'est presque un truc de marketing et notre génération ne sait pas très bien où elle en est. » Mais si Laetitia Casta a une réflexion politique, elle garde ses distances avec les partis : « Ma place est dans le rêve, la lumière. » CS

 
 

Culture : Semaine des Balkans à Ajaccio


Si, durant la « Grande guerre » nombre de Corses sont morts dans les Balkans, des milliers de Serbes trouvèrent refuge dans l'île. Autour de ce chassé-croisé historique et du 90e anniversaire de l'Armistice, une semaine des Balkans en Corse est organisée à Ajaccio. Durant la Première Guerre mondiale, à la suite de l'écrasement de la Serbie, l'armée serbe fut transférée vers Corfou cependant que des milliers de civils serbes, contraints à l'exode, étaient évacués vers la France. Le périodique Les nouvelles serbes, daté du 28 avril 1916, faisait par exemple état de 3 825 serbes accueillis en Corse.
C'est aussi durant cette « der des der » que de nombreux soldats corses, versés dans l'armée d'Orient, combattirent dans les Balkans. Plusieurs d'entre eux n'en revinrent pas et y ont été inhumés. « Depuis 15 ans, l'association Per a Pace s'implique dans des actions solidaires et culturelles dans les Balkans. Au cours de différents séjours, et au travers de différentes visites dans les cimetières militaires français de Bitola et Skopje, en Macédoine, mais aussi dans les musées serbes, où sont exposés des paysages de Corse réalisés par Milan Minic, peintre et architecte réfugié avec les siens à Ajaccio, « un lien s'est révélé, unissant la Corse et les Balkans dans le passé douloureux de la Première guerre », dit Jacques Casamarta, président de Per a Pace. Aussi, alors que cette année est celle du 90e anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918, l'association, la direction culturelle de la Ville d'Ajaccio, l'Aghja et le Lazaret Ollandini, ont souhaité mettre ce lien en évidence, en organisant, du 17 au 23 novembre, une semaine culturelle des Balkans en Corse. Des artistes serbes et macédoniens, musiciens ou comédiens, seront ainsi accueillis pour une série de concerts et de spectacles. Le 18 novembre, à l'Aghja, se tiendra par ailleurs ce qui pourrait bien constituer un des moments forts de cette semaine, avec la lecture, par des comédiens corses et balkaniques, de correspondances entre les deux pays avec notamment des lettres de poilus corses dans les Balkans et des témoignages de réfugiés en Corse. Les textes seront lus dans leur langue originale : français, serbo-croate et macédonien, avec un sur-titrage.
Cette manifestation d'une semaine est le premier volet d'un échange qui devrait se poursuivre, en avril 2009 par une semaine corse dans les Balkans. EM

 
 

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Peinture : La percée des peintres corses.


C'est d'abord la vente, chez Million, à Paris, en juin dernier, d'une huile sur toile de Léon Canniccioni, « Les bergeries des monts Gioelli » (140x80), pour la coquette somme de 16 000 euros. C'est encore la vente, en août dernier, la vente d'une autre huile sur toile, « La fête du vin » (100x80), du même Léon Caniccioni, cette fois au prix de 18 000 euros. Deux événements qui tendent à corroborer la thèse de nombres d'observateurs du marché de l'art : la cote des peintres corses a triplé, voire quadruplé ces derniers mois. Autre indice : désormais, les oeuvres des peintres corses apparaissent en quadrichromie dans la célèbre Gazette de Drouot. Explication : la demande est de plus en plus forte, et touche d'ailleurs un public sans lien avec la Corse.
Ce phénomène trouve probablement son origine dans l'exposition des peintres de l'école ajaccienne (Bassoul, Frassati, Corbellini, Peri, Peraldi, Caniccioni) que le musée Fesch d'Ajaccio avait organisée en 1992, à l'occasion de la commémoration des 500 ans de la fondation de la ville génoise. Les récentes expositions patrimoniales (Léon Caniccioni et Lucien Peri en 2006) du Lazaret-Ollandini, assorties elles aussi d'un catalogue, s'inscrivant dans la continuité d'un mouvement qui semble s'inscrire dans la durée (à noter que ce même Lazaret-Ollandini accueillera en décembre trois autres peintres de l'école ajaccienne : Bassoul, Frassati, Canavaggio). Enfin, il faut prendre en compte l'initiative de Philippe Costamagna, le dynamique conservateur du musée Fesch, à qui l'on doit en effet l'exposition permanente d'oeuvres de peintres corses dans la salle du rez-de-mer. Si la mise en perspective de l'école ajaccienne semble donc avoir été l'élément déclencheur du phénomène, la tendance aujourd'hui est à une revalorisation sans précédent de l'ensemble des courants de la peinture corse. CS

 
 

Formation : L'école D'Prho étoffe son offre


L'école D'Prho enrichit son offre, avec la mise en place d'un BTS « diététique » et un DESS « gestion des ressources humaines ». Fondée en 2001, à Ajaccio, l'école d'enseignement supérieur technique privé D'Prho s'est donné pour but de proposer une offre large de formations qui soient en adéquation avec les attentes du marché et celles des jeunes corses. Que ce soit en matière de système de formation (continue, par alternance ou initiale) comme en termes de contenus : gestion, marketing, communication, management, expertise-comptable... Avec des résultats qui, à ce jour avoisinent « les 60 % de réussite, soit un taux supérieur à la moyenne nationale ».
Pour cette rentrée, l'école a mis en place deux nouvelles formations « débouchant sur des métiers en croissance ». D'une part un BTS « diététique », diplôme d'État qui permet à son titulaire d'exercer à titre libéral ou de salarié dans une institution de santé ou dans des entreprises dont l'activité est liée à l'alimentation, qu'il s'agisse de la restauration ou de l'agro-alimentaire. D'autre part, un DESS « gestion des ressources humaines », diplôme européen qui a pour objectif de donner à l'étudiant une compétence technique en matière de gestion du personnel en mettant l'accent sur le recrutement, la paie et la formation.
L'école, qui offre désormais 6 diplômes d'État et 4 diplômes européens, est devenue une école privée agréée et propose par ailleurs aux jeunes qui ne souhaitent pas se lancer immédiatement dans une formation en alternance d'effectuer une scolarité en bénéficiant du statut d'étudiant, qu'ils pourront financer grâce au prêt « Pécresse », ou, selon leur situation, par l'obtention d'une bourse du conseil général. SC
En savoir + : www.dprhoformation.fr

 
 

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Peinture : Farel à Paris.


Du 15 novembre au 15 décembre, Pierre Farel expose à la galerie de Médicis, place des Vosges à Paris (4e arrondissement). « Les amants du Pont Neuf », « Les trois dames »... Jamais, peut-être, les belles inconnues de Farel - celles qui nous sont si familières - n'ont été aussi belles, rayonnantes, sensuelles, épanouies que dans ce Paris où il les a installées. Un Paris romantique et culturel, comme se le représentent les Américains, en tout cas comme ils le représentent dans leurs production cinématographique (on dira ce qu'on veut, mais ils savent faire !). Tiens, justement, avez-vous vu l'épisode de Sex in the City qui se déroule à Paris ? Les parisiennes de Farel ont quelque chose de Jessica Parker débarquant au Plazza-Athenée. Quelque chose qui tient de la grâce des instants de plénitude absolue. Au fond, toute l'oeuvre de Farel porte cette vérité de l'instant. Les inconnues de Farel, à Paris comme ailleurs, et peut-être davantage à Paris qu'ailleurs, se meuvent dans la grâce indicible des instants de plénitude absolue. Paul Klee, dans sa Théorie de l'art moderne, écrit : « L'art ne reproduit pas le visible ; il rend visible. » CS

 
 

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Transport : Vers un record des trafics sur la Corse ?


2008 sera-t-elle une année record en termes de trafics passagers sur la Corse ? S'il est encore un peu tôt pour l'affirmer, l'observatoire régional des transports de la Corse (ORTC) relève que les quatre premiers mois de la saison touristique ont atteint chacun leur « meilleur niveau historique ». Avec 4 290 002 passagers comptabilisés entre début mai et fin août, les trafics passagers sur la Corse ont enregistré une progression de + 8, 8 % par rapport à la même période en 2007. Un record, indique l'observatoire régional des transports de la Corse (ORTC) qui ajoute également qu'en 2008 chacun des 4 premiers mois de la saison touristique - cinq mois, de mai à septembre - est « à son meilleur niveau historique ». Il est vrai que le mois d'août a boosté cette hausse globale, avec + 13, 5 % de progression que, prévient l'ORTC, il convient de relativiser. En effet, le calendrier du mois d'août 2008 était « particulièrement favorable avec cinq week-ends entiers dont le premier et le dernier ont couvert les grands rushes d'arrivée et de départ des aoûtiens, mais aussi d'une grande partie des départs de juillet et des arrivées de septembre ». De ce fait, on y enregistre + 19 % sur les trafics passagers dans l'aérien, grâce à l'ouverture de 9 nouvelles lignes, qui ont influé « de manière décisive » sur cette évolution à la hausse. Ces nouvelles liaisons ont par ailleurs contribué « pour 59 % à l'augmentation du trafic constaté » lors de la période allant de juin à août. Dont 88 % d'augmentation des trafics étrangers et 55 % des trafics parisiens.
Dans le domaine des transports maritimes, la progression en août a été de 12 % et, à l'exception de Propriano qui enregistre un recul de -10 %, elle a bénéficié à tous les ports. À commencer par ceux de Porto-Vecchio (+ 35 %), l'Ile-Rousse (+16 %), puis Bastia et Calvi qui ont gagné tous deux + 13 %. L'ORTC observe qu'à lui seul, le volume de passagers par mer comptabilisés en août égale atteint le volume traité « au cours des 8 mois allant d'octobre 2007 à mai 2008 » : 1 212 442 passagers contre 1 259 872 passagers. Enfin, autre record atteint en août, le port d'Ajaccio y a franchi la barre du million de passagers transportés lors des douze derniers mois sur les seules lignes régulières. C'est-à-dire sans compter les croisiéristes. EM

 
 

Tourisme : Pourvou ché ça doure !


Alors que des élus en Corse s'inquiètent de l'impact du tourisme sur certains sites, le président de la Fondation des Nations Unies annonçait début octobre la mise en oeuvre de critères mondiaux du tourisme durable. Lætizia Ramollino, ayant enfanté un futur empereur, semble s'être dispensée de laisser à la postérité des sentences impérissables. Hormis son fameux « Pourvou ché ça doure... » Qui résume bien la problématique du « capital environnement » de la Corse. Avoir des sites fabuleux attire des touristes qui boosteront - du moins on l'espère - l'économie locale. Mais la fréquentation touristique n'est pas sans impact négatif sur ces sites qui, de fabuleux, risquent de devenir un jour tout bonnement dégueu. Et de ne plus attirer quiconque, à part les mouches.
Récemment, deux élus ont fait part de leurs interrogations sur la meilleure façon de gérer le succès et ses conséquences. D'abord Nicolas Rutily*, maire d'Orto, dont le territoire englobe le lac de Creno, seul lac de montagne de l'île à être situé en milieu forestier, très prisé des vacanciers. Constat : « Le taux de fréquentation est bien trop élevé par rapport à la structuration en place », le « lieu doit être sauvegardé » et les visites « structurées, gérées, réglementées ». Puis, Antoine Sindali, maire de Corte**, est intervenu à propos de la vallée de la Restonica et notamment de l'accès au lac de Melo. Un patrimoine « attractif », mais parvenu à saturation et confronté à un important « risque de détérioration » et pour lequel il importe de trouver un « équilibre entre préservation et ouverture au tourisme ».
Est-ce possible ? Il paraît que oui. Début octobre, Ted Turner, président de la Fondation des Nations Unies a annoncé le lancement des tout premiers critères mondiaux du tourisme durable (CMTD). Késako ? « Simple, explique Ted Turner. C'est comme le vieux dicton des affaires : N'entame pas le capital, utilise uniquement les intérêts qu'il te rapporte ! ». Et si, jusqu'alors « le secteur du tourisme et les touristes n'avaient pas de cadre commun » permettant d'appliquer ce précepte, « les CMTD vont changer cela. Il s'agit d'une initiative où tout le monde est gagnant : elle est bonne pour l'environnement et elle est bonne pour le secteur mondial du tourisme. » Elaborés par un partenariat qui regroupe leaders du tourisme (privés comme publics) et organisations à but non lucratif, les CMTD se concentrent sur quatre grands axes : optimiser les avantages socio-économiques du tourisme pour les communautés locales, réduire les impacts négatifs sur le patrimoine culturel, réduire le préjudice sur l'environnement local, planifier la durabilité. Y'a plus qu'à... Ne reste plus qu'à affirmer que la Corse fait bel et bien partie du monde. A priori, ça devrait être possible, non ? EM

*In La Corse votre hebdo du 3.10.08
**Sur les ondes d'Alta Fréquenza, le15.10.08

 
 

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Histoire : Bonaparte et l'Egypte


« Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent. » Cette phrase, parmi les plus célèbres de nos manuels d'histoire, ne serait que pure propagande. Bonaparte ne l'aurait jamais prononcée, lequel ne serait d'ailleurs jamais monté sur aucune des trois pyramides de Giezh. N'importe. La campagne d'Egypte déclenchée par Bonaparte et poursuivie plus de trois ans durant par ses troupes et ses savants aura fait fantasmer tout le XIXe siècle. À pParis, l'Institut du monde arabe propose de revenir aux faits et de voir ce qui se cache derrière la légende épique largement alimentée par les peintres orientalistes. L'exposition « Bonaparte et l'Egypte, feux et lumières » débute avant l'expédition de 1798 et révèle un pays et une culture méconnue, raffinée. Elle en déroule aussi toutes les conséquences jusqu'à la naissance de la nation égyptienne. Du 14 octobre au 29 mars 2009, à l'Institut du monde arabe (Tél. 01 40 51 38 38 - site : www.imarabe.org). Puis au musée des beaux-arts d'Arras (Tél. 03 21 71 26 43 - site : www.ville-d'arras.fr). CS

 
 

Expo : Le vieux Bastia actuel dans les yeux des ados


La galerie Una Volta présente l'exposition Portraits croisés. Réalisés par le photographe Antoine Giacomoni, ces portraits d'adolescents s'inscrivent dans un travail initié il y a deux ans par le centre culturel una Volta autour des vieux quartiers de Bastia et de leur population. Il y a un peu plus de deux ans de cela, l'équipe du centre culturel Una Volta a lancé un projet autour du centre ancien de Bastia et de sa population en y associant étroitement cette dernière. Et plus particulièrement les adolescents et les jeunes adultes. Avec le souci, précise Dominique Mattei, directrice de Una Volta, de ne surtout pas faire quelque chose qui soit « une action plaquée, mais bien un travail qui, loin d'être une énième initiative ponctuelle, s'inscrive dans la durée ». Pour ce faire, des artistes ont résidé à Bastia pour y rencontrer des gens, jeunes ou vieux, nés à Bastia, au Maroc, au Portugal ou ailleurs mais qui ont tous en commun de vivre aujourd'hui, depuis parfois de très nombreuses années, dans cette ville. Ils les ont invités à se raconter, dire leurs rêves, leurs émotions, leur quotidien. De ces échanges sont nées plusieurs réalisations qui sont autant de regards sur les vieux quartiers bastiais d'aujourd'hui. Début 2007, l'écrivain Ricardo Montserrat, fils d'antifascistes catalans réfugiés en Bretagne, animait un atelier d'écriture avec des adolescents autour de la création d'un livre intitulé Deux vérités, un mensonge. Puis des élèves du collège Simon Vinciguerra, encadrés par leur professeur de lettres, Madame Gour, ont élaboré avec l'aide de Ricardo Montserrat le scénario d'un film de 40 minutes sur la rue Droite, qu'ils ont ensuite tourné sous la direction du réalisateur José Cesarini, auteur de nombreux documentaires et fondateur du Centre de formation vidéo des Baumettes. Un tournage pour lequel les élèves ont aussi donné la parole à leurs aînés, parents ou voisins, pour remonter un peu le cours du temps, évoquer un enracinement qui court bien souvent sur des générations. Enfin, le photographe Antoine Giacomoni, connu pour ses reportages sur le rock et ses portraits de stars, a mis en scène une série de portraits de ces adolescents. Le 25 novembre, ces interventions d'artistes donnent lieu à une exposition de ces portraits, à la projection du film et à la présentation de l'ouvrage trilingue (français, corse, arabe) réunissant les trois volets de ce travail de fond. Une occasion de découvrir autrement, dans les yeux des ados qui y vivent, le vieux Bastia actuel. EM

 
 

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Audiovisuel : La Casa di Lume braque le projo sur Ghjenti


La Cinémathèque régionale de Corse propose fin nomvembre un focus sur l'émission de France 3 Corse, Ghjenti. L'occasion de s'interroger sur la représentation de la Corse sur grand écran comme dans « l'étrange lucarne ». Le 28 novembre, à 21 heures, la Casa di Lume, cinémathèque régionale de Corse, braque le projecteur, pleins feux sur Ghjenti, émission de France 3 Corse. Depuis maintenant dix ans, l'équipe de Ghjenti, qui rassemble moins d'une dizaine de réalisateurs, a proposé chaque année une vingtaine de documentaires, contribuant à dégager une vision complexe, nourrie, de la Corse d'aujourd'hui, de ses personnalités marquantes, de ses faits saillants. Les sensibilités, les approches différentes des réalisateurs ont enrichi une approche de la société insulaire et de son histoire, dans ses aspects gratifiants comme dans ses failles. Très régulièrement, la cinémathèque a programmé certains de ces films, que ce soit dans ses murs, dans d'autres lieux de Corse, pour le grand public comme pour les scolaires.
Pour cette séance « anniversaire », la cinémathèque projettera sur grand écran un nouveau film de Ghjenti mais également un montage illustrant pleinement le travail accompli tout au long de ces années puisqu'il rassemble des extraits des films tournés depuis les débuts de l'émission. Ce sera aussi, précise l'équipe de la cinémathèque une occasion de « nous interroger sur la représentation de la Corse sur le grand et le petit écran ». Les projections seront suivies d'une discussion réunissant l'équipe de Ghjenti, l'association Vox Mediterranei et Lisa d'Orazio, auteur d'une thèse sur le rôle des magazines et des documentaires dans la construction de l'identité collective en Corse. EM

 
 

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Oups ! Le « gilet haute visibilité » et ses petits revers


Dire qu'on aurait pu faire preuve d'originalité et méduser la maréchaussée en toute légalité ! Bien que présenté comme tel depuis le 1er juillet, le gilet jaune fluo imposé aux automobilistes n'était pas obligatoire. Et surtout, les caractéristiques exactes du « gilet haute visibilité » n'ont été précisées que le 5 octobre. Héraults de la macagna et fashionistas ont perdu une occasion en or. Les uns auraient pu laisser leur créativité s'exprimer sans frein afin de laisser la maréchaussée dépitée et médusée, les autres auraient eu beau jeu de snober Karl Lagerfeld et de le décréter out. Et ce en toute légitimité. En effet, le 1er octobre, l'Argus de l'Automobile rendait compte sur son site du joli lièvre soulevé par Me Christian Peltier, avocat au bareau de Paris : le ministère des Transports nous a, sans doute par mégarde, dupés. Car, expliquait alors l'Argus, « non seulement le gilet jaune n'était pas obligatoire depuis le 1er juillet dernier mais, encore aujourd'hui, seul Karl Largerfeld (NDLR : le couturier a prêté son image à la campagne pour ce gilet) est vraiment capable de décrire cet accessoire avec précision ! » Et de citer le juriste : « La presse et le public ont été submergés d'affiches et de communiqués annonçant que le gilet serait obligatoire au 1er juillet mais que, dans leur immense bonté, les pouvoirs publics ne sanctionneraient personne avant le 1er octobre. Outre qu'une obligation sans sanction est une absurdité en soi, c'était tout simplement faux : le décret n° 2008-754 "portant diverses dispositions de sécurité routière" n'a été publié au Journal Officiel que le 30 juillet ! Avant cette date, on était juste dans la com'. Et même dans la com' mensongère ! » Mieux encore, le décret indiquait qu'un arrêté ministériel devait préciser ce qu'est précisément un « gilet haute visibilité ». Le 1er octobre, ce n'était toujours pas le cas. Durant 3 mois, tout en n'étant pas dispensé de signaler sa présence en cas de panne, rien n'interdisait donc de se bricoler, selon son goût, son humeur, un gilet « haute visibilité », rose, bleu, mauve, vert, de s'en faire tricoter un par minnà, tout en pouvant prétendre être en conformité avec la loi. Interrogée par l'Argus, Michèle Merli, déléguée interministérielle à la sécurité routière, quelque peu gênée aux entournures, déclarait : « Ce qui compte, c'est d'avoir permis aux gens de se préparer et pas de se perdre dans des arguties juridiques pour me faire dire que nous avons fait une erreur ! » Que son ministère a rectifié sur les chapeaux de roues : publié le 4 octobre, l'arrêté décrivant le fameux accessoire est entré en vigueur le 5. Le gilet jaune fluo est donc à présent obligatoire. Mais, selon l'Argus, les PV reçus sur les trois premiers jours du mois sont contestables ». EM

 
 

Internet. Le Rizzanese, pour mémoire


Si tout est joué, ceux qui se sont opposés au projet de barrage sur le Rizzanese n'ont pas dit leur dernier mot. Sur www.rizzanese.fr, ils accompagnent la fin d'une histoire naturelle, tout en construisant une mémoire. Durant près de 10 ans, l'association de défense du Rizzanese a fait pièce au projet de barrage sur le Rizzanese, avant d'être (avec d'autres associations pour la défense de l'environnement) déboutée par le Conseil d'État. Débutés en 2007, les travaux devraient être achevés en 2012. La messe est dite. Le fleuve vit ses derniers jours de « vie sauvage ». L'avenir seul dira si le jeu en valait la chandelle. Si oui ou non, le sacrifice d'espaces boisés, la dénaturation d'un cours d'eau, la remise en cause d'un éco-système ont permis à tout le moins de contribuer notablement à l'indépendance énergétique de la Corse et de diminuer la fréquence des coupures d'électricité hivernales qui semblent pour l'heure appartenir au domaine du « provisoire qui dure » ou de « l'exceptionnel qui se répète avec constance ». C'est plus que souhaitable. D'autant qu'il sera difficile, si tel ne devait pas être le cas, d'entonner le fameux couplet « on savait pas ». Ceux qui, durant des années, ont combattu ce projet de barrage ont en effet eu envie d'accompagner l'histoire jusqu'à son terme et de laisser une trace. Sur le site www.rizzanese.fr, une somme de documents divers est à consulter : genèse du projet, historique détaillé des actions et des recours exercés pour tenter de s'y opposer, textes d'opinion, études relatives à l'hydrologie, la faune, l'impact des barrages, témoignages, coupures de presse. On y trouve également de très belles photographies qui appartiendront sous peu au passé, ainsi qu'une interview du Rizzanese himself. Un site pour s'informer, pour ne pas oublier, pour construire une mémoire tenace. EM

 
 

Précarité. Les étudiants morflent aussi


Sauf cas exceptionnel, qui dit « étudiant » dit « budget restreint ». Mais depuis quelques années déjà, ledit budget, de restreint tend à devenir carrément étique. La Corse fait d'autant moins exception au phénomène que le coût de la vie y est plus élevé. Si les clichés sont tenaces, celui de l'insouciante bohème estudiantine a pris ces dernières années un sacré coup de vieux. En février 2000, le rapport Dauriac -contesté par le ministère de l'Enseignement supérieur, qui en était pourtant à l'initiative- chiffrait à 100 000 le nombre d'étudiants vivant au dessous du seuil de pauvreté. Une contre-étude, retenant comme critère d'identification de la pauvreté les demandes d'aide exceptionnelle ramenait ce chiffre à 23 000. En 2006, le rapport Wauquiez critiquait sévèrement le dispositif français d'aide aux étudiants : « Illisible », « Inefficace », « Obsolète », il laisse de côté les étudiants issus de classes moyennes, génère de grandes inégalités et élude la question des conditions de vie étudiante. Le rapport préconisait, entre autres, la création d'une allocation de rentrée universitaire, un renforcement des bourses en direction des classes moyennes, la prise en charge des cautions de loyers pour tous les étudiants. Plus récemment, en août 2008, la question de la précarité économique des étudiants est revenue sur le tapis avec une question écrite du sénateur de l'Aude Marcel Rainaud qui, sur la base d'un « récent rapport », fait état à nouveau de 100 000 étudiants en dessous du seuil de pauvreté, 45 000 en situation de « très grande pauvreté » et 225 000 ayant de « grandes difficultés à financer leurs études ». Le sénateur Rainaud relevait que « au cours des cinq dernières années, les dépenses obligatoires auxquelles doivent faire face les étudiants [...] ont subi une augmentation de 23 % alors que, sur la période, la progression des bourses universitaires et des allocations logement n'a été que de 10 % ». Ce constat de la précarité étudiante se vérifie en Corse où le Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (CROUS) fait état de 1953 boursiers sur critères sociaux pour cette rentrée contre 1 647 précédemment*. Aussi, le 13 octobre dernier, Ghjuventù Paolina a rencontré le recteur de l'académie de Corse. Le syndicat étudiant, qui demande une réévaluation des bourses d'environ 100 euros par échelon, juge que le système actuel d'aide aux étudiants est peu adapté à la réalité insulaire : le coût de la vie, en termes d'alimentation comme de logement pénalise nombre de jeunes Corses dans leurs études. Une situation que le syndicat souhaiterait exposer directement à la ministre de l'Enseignement supérieur. EM *In Corse-Matin 13.10.08

 
 

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21e Musicales de Bastia :. Alain Sourigues doublement primé


Alain Sourigues qui s'est produit sur la scène de la 21e édition des Musicales de Bastia a reçu le prix des professionnels décerné par notre magazine devant Yoanna et Les frères Guissé. Il a fait coup double en recevant le prix du public décerné par la Mutuelle générale de la Corse (Yoanna 2e et Le Jakez Orkeztra 3e). Enfin, le prix des jeunes décerné par la direction départementale de la jeunesse et des sports est allé Yoanna (Alain Sourigues 2e et Les frères Guissé 3e). JGP

 
 

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Livres : À Corsica di tandu


C'est un vrai, beau livre intéressant. « La Corse d'Antan », signé par Sylvain Gregori retrace a Corsica di tandu à travers 500 cartes postales (issues de la collection Teddy et Guérin Campana). On aurait tort cependant de n'y voir que le énième recueil de photos sépias accompagnées d'un texte de présentation. Ce véritable ouvrage d'art aborde son sujet par des thématiques traitées avec rigueur, de la chasse aux cafés, en passant par le rôle des femmes, les moyens de transport, les inévitables bandits ou les débuts cahotants du tourisme. L'occasion d'apprendre et d'admirer : pas si courant ! AA
« La Corse d'antan, a Corsica di tandu », HC éditions, 158 pages, 28, 50€.

 
 

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Théâtre : L'Occident solidaire d'Alibi


Du 12 au 15 novembre, à Bastia, la compagnie Théâtre Alibi reprend une de ses dernières créations, Occident. Quatre représentations qui se feront au bénéfice d'associations. Le monde du spectacle vivement n'est pas spécialement à la fête et risque de l'être moins encore dans une période de crise qui impose à beaucoup de réduire leur budget et leurs sorties. Ça n'empêche pas les artistes de continuer à créer, se produire -show must go on ! - pas plus que de faire preuve d'un engagement actif. Et ce pas seulement dans leurs choix artistiques. C'est ainsi, par exemple, que Catherine Graziani et François Bergoin, co-directeurs de la compagnie Théâtre Alibi, ont choisi de faire en novembre une reprise exceptionnelle de leur toute dernière création. Occident, de Rémi de Vos, est une pièce noire, mettant en scène un couple à la fois monstrueux et comique qui ne tient que par ses incessantes et violentes querelles. Une pièce parfois poignante, parfois drôle, sur l'amour, mais aussi la violence conjugale, sur le racisme et la paranoïa, une pièce sur un occident en perte de vitesse et de repères mais toujours dérisoirement persuadé de proposer le seul vrai modèle de civilisation viable. Une critique qui se veut dénuée de caricature et qui pose les bonnes questions en une période où nombreux sont ceux qui se demandent s'il n'y a pas des trucs à changer d'urgence... La compagnie donnera 4 représentations à Bastia, dans sa Fabrique de théâtre. Détail qui a son importance, l'intégralité de la billetterie des 4 soirées sera partagée « entre 4 associations qu'il nous semble indispensable de soutenir : les Restos du coeur, le Secours populaire, Ava basta et SOS Femmes battues. » Parce que l'engagement de l'artiste n'est pas qu'une affaire de pieux discours prononcé devant une caméra avec, en arrière-plan, quelques tentes de sans-abri en bord de Seine. EM
Du 12 au 15 novembre. Rens : 04 95 39 01 65

 
 

Documentaire : La Corse au festival du film aventure de Graz


La XXe édition du Festival du film aventure de Graz, en Autriche, se tient du 12 au 15 novembre. La Corse y sera représentée avec le film réalisé par Joël Jenin et Irmtraud Hubatschek « La Corse des premiers alpinistes ». Entre documentaire et reconstitution historique, il retrace l'itinéraire de ces Européens épris d'alpinisme qui découvrirent la Corse, et firent parfois l'étonnement ou l'amusement des insulaires pour qui, alors, la montagne n'était pas précisément un hobby. Depuis sa sortie, « La Corse des premiers alpinistes » a retenu à plusieurs reprises l'attention des organisateurs de festivals dédiés à la montagne, l'alpinisme ou l'aventure : Trento, Autrans, Bozens... Et tout récemment, donc, la commission en charge de la sélection pour le Festival du film aventure a retenu sa candidature parmi les 250 films qui lui ont été adressés. Il sera en compétition dans la catégorie « alpinisme ». EM

 
 

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Environnement : Lac aux dams ou dam aux lacs ?


Enrichissement ne signifie pas nécessairement bénéfice. Exemple : l'équilibre de plusieurs lacs de montagne corses est menacé par un accroissement de certaines matières organiques. Il est des enrichissements dont on ferait volontiers l'économie. Et l'on ne parle pas là des parachutes dorés de quelques-uns, ni même des privilèges des sénateurs mis récemment en lumière par Yvan Stefanovitch et Robert Colonna d'Istria. Ainsi, par exemple, les scientifiques de l'Université de Corse se montrent-ils préoccupés par le cas de plusieurs lacs de montagne corses. On y constate en effet des « enrichissements » en matières organiques qui n'ont rien de bénéfiques. Loin s'en faut. Sous la maîtrise d'ouvrage de l'office de l'Environnement de la Corse et avec le soutien de l'Agence de l'eau, le laboratoire d'hydrobiologie de l'université de Corse a mis en oeuvre un état des lieux des lacs de montagne de l'île. Un travail de longue haleine, qui vise à la mise en place de mesures de gestion adaptées, pour chaque site. Avec le concours des plongeurs du SDIS, une quinzaine de lacs ont fait l'objet de prélèvements, à divers niveaux de profondeur comme sur les berges qui ont donné lieux à des analyses biologiques et chimiques. Il en ressort que près des deux tiers des lacs étudiés présentent un important, voire très important, enrichissement de matières organiques. Parmi les lacs les plus concernés, ceux de Nino, de Goria et de Creno où pulluleraient même, désormais, certaines larves de diptères dont la présence n'était autrefois pas même recensée. Or, il est des cas où l'abondance nuit, mettant en péril l'équilibre faunistique et floristique des sites. Les causes de cette situation nouvelle (ou nouvellement constatée) sont multiples : changements climatiques, sur-fréquentation touristique, prolifération de certaines espèces non endémiques. Comme les nénuphars de Creno introduits au début des années 1990 et que mentionnait, il y a quelques années, une étude où leur expansion apparaissait alors réduite et ne semblant pas devoir constituer une menace*. Mais les choses ont changé. Très jolis sur les cartes postales, ils semblent désormais être le cache-misère d'un « enrichissement » qui se fait au grand dam du lac... EM
*Etude phytosociologique et cartographique de la végétation des pourtours du lac de Creno. Laboratoire de Biologie et Ecologie végétales. Faculté des Sciences-CEVAREN, Université Pascal Paoli.

 
 

La rédaction

 
 
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